Moto GP
Publié le 9 mai 2025 • 20:00 par André Lecondé

MotoGP, France J1, Pecco Bagnaia (Ducati/3) : « je ne peux plus piloter la moto actuelle comme celle d’avant »

Pecco Bagnaia révèle une profonde remise en question de son pilotage face aux spécificités de sa Ducati actuelle.

Pecco Bagnaia

Lors des essais libres du Grand Prix de France 2025 au Mans, Pecco Bagnaia a brillé avec une 3e place dans le contre-la-montre crucial de vendredi, à seulement 0,184 seconde de son coéquipier Marc Marquez et de Fabio Quartararo. Pourtant, malgré cette performance solide, le vice-champion du monde 2024 affiche une mine crispée, révélant dans un combat intérieur pour s’adapter à une Ducati Desmosedici qui a changé.

Francesco Bagnaia n’affiche pas de triomphalisme. Son regard reste grave, son ton mesuré. Et surtout, son diagnostic est sans concession. « C’était un bon vendredi, nous avons fait les démarches nécessaires. Je suis satisfait », commence-t-il sobrement. Mais le fond de sa pensée arrive vite, et il ne le cache pas : « ce qui me rend fou, c’est de réaliser que je ne peux plus piloter la moto actuelle comme avant. Depuis 2020, je pilotais la Desmosedici à ma manière, avec beaucoup de puissance à l’entrée des virages. Il m’a fallu six Grands Prix pour accepter que cette époque est révolue. »

Bagnaia touche ici à l’un des enjeux techniques les plus cruciaux de sa saison : l’adaptation au caractère radical de la GP25, une machine qui semble mieux convenir à un Marc Marquez désormais en pleine possession de ses moyens. « Ce que j’attendais de la moto n’est plus là. Maintenant, c’est à moi de m’adapter. Cette Ducati est très rapide, mais elle exige une approche différente, et je vais suivre cette voie plutôt que de continuer à chercher quelque chose qui n’existe plus », poursuit-il, entre lucidité et détermination.

Pecco Bagnaia, pilote Ducati MotoGP

Pecco Bagnaia : « Marc Marquez a montré ce qu’il était possible de faire avec le nouveau châssis »

Pour Pecco, l’ombre du numéro 93 plane sur chaque séance. « Marc a montré aujourd’hui ce qu’il était possible de faire avec le nouveau châssis. Je continuerai dans cette direction, probablement à Aragon. Ducati et mon équipe font un travail remarquable, ils me soutiennent énormément. Cela m’aide à retrouver cette sensation de familiarité, et si nous continuons à travailler comme aujourd’hui, nous y parviendrons. »

Le message est clair : Bagnaia refuse de subir. Il sait que pour reprendre la main dans ce duel fratricide entre champions Ducati, il lui faut réinventer son pilotage, sans perdre de vue ce qu’il a accompli. « Ce qui me rendrait vraiment heureux, c’est de retrouver le feeling que j’ai connu en gagnant 30 Grands Prix. Plus que quiconque », glisse-t-il avec une pointe de mélancolie… mais surtout une envie intacte. À 0,184 seconde de la pole provisoire, Bagnaia est encore dans le match. Et il le sait : la vraie course commence maintenant.

Rapide mais pas heureux : le pilote Ducati Bagnaia (3e)

MotoGP, France J1 : classement

4554