Moto GP
Publié le 17 août 2025 • 22:15 par André Lecondé

MotoGP, Autriche, Davide Tardozzi sonne l’alarme : « je comprends l’emportement de Bagnaia. Chez Ducati, nous sommes inquiets pour lui »

Davide Tardozzi ne cache pas son inquiétude face aux récentes sorties médiatiques de Bagnaia, de plus en plus critique envers son équipe.

Davide Tardozzi

Le contraste est saisissant troisième au championnat, mais loin de sa plénitude, Pecco Bagnaia traverse une zone de turbulences. Après un sprint cauchemar à Spielberg — départ en travers, sensations « bizarres », abandon et pneu arrière sous enquête —, le pilote Ducati a laissé éclater sa frustration ce dimanche. Davide Tardozzi, directeur de l’équipe, ne le blâme pas. Au contraire, il tend la main tout en tirant le signal d’alarme : « je comprends l’emportement de Bagnaia » et, surtout, « Chez Ducati, nous sommes inquiets pour lui » …

Tardozzi a choisi d’apaiser le jeu après l’emportement en Autriche de Bagnaia à la télévision où il a avoué « perdre patience » chez Ducati. Il dit comprendre la sortie de son pilote, tout en rappelant sur GPOne qu’« avec un peu de sang-froid », Pecco reconnaîtra que toute l’équipe est mobilisée pour lui, « de Claudio Domenicali aux autres ». Le message est limpide : chez Ducati, on partage l’inquiétude et on veut revoir Pecco dans le top 3 au plus vite.

Le manager martèle que Bagnaia ne lâche pas et que la confiance demeure réciproque. « Il y a une confiance mutuelle », assure-t-il, promettant que l’équipe fera le nécessaire « pour qu’il redevienne compétitif ». À Pecco aussi « de nous aider » : l’Italien doit remettre ses atouts au centre, et ensemble, insiste Tardozzi, « nous réussirons ».

Quant à l’origine du blocage, Tardozzi n’élude pas le facteur mental : « le côté psychologique est important ». Selon lui, Bagnaia doit retrouver la même détermination vue le vendredi en Styrie, « quand il a été extraordinaire ». La partie technique « dépend de nous », ajoute-t-il, mais la journée de vendredi a prouvé « que la moto était là et lui aussi ». En clair : le potentiel est intact ; il faut recaler la tête, affiner les réglages… et relancer la machine.

Davide Tardozzi

Davide Tardozzi sur Pecco Bagnaia : « le champion est toujours en lui »

Le message est double, ferme et protecteur. D’un côté, Tardozzi rappelle que le talent ne s’évapore pas d’un week-end à l’autre : « le champion est toujours en lui ». De l’autre, il admet que la relation pilote–GP25 ne coule pas de source cette année. La feuille de route est claire : « nous devons trouver un équilibre » et, à court terme, « il doit s’adapter à notre moto ». En filigrane, l’aveu d’une équation sensible : une Desmosedici GP25 qui a immédiatement souri à Marc Marquez, tandis que Bagnaia peine à y raccorder ses points forts historiques — freinage de patron, gestion du sillage, constance en fin de relais.

Davide Tardozzi insiste : l’objectif n’est pas de chercher des coupables, mais des solutions. L’épisode du Sprint, avec un arrière ingérable et des « tremblements » en ligne droite, illustre à quel point confiance mécanique et confiance mentale sont imbriquées. D’où la volonté de reposer des bases simples : départ propre, fenêtre de pneus maîtrisée, réglages qui rendent à Bagnaia une moto « lisible » à l’entrée, et un plan de course qui lui permette de remettre en place ses automatismes.

Le manager italien ne veut pas d’un feuilleton : il veut un redressement. Au fond, l’inquiétude assumée par Tardozzi est une preuve de foi : reconnaître la fragilité d’un moment pour mieux réactiver l’ADN du triple champion. À Bagnaia maintenant de recoller son style à la GP25, de retrouver ce « clic » au freinage et ce calme qui faisaient sa signature. Le temps presse… mais la porte est encore grande ouverte.

Davide Tardozzi

MotoGP, Autriche J3 : classement

322323

Classement général Championnat  MotoGP :

343434