« On a pris une sacrée raclée au Mans. C’est un circuit où j’avais gagné deux ans plus tôt, et j’étais arrivé gonflé à bloc. Le week-end a été dur. J’étais rapide, mais au sprint, j’ai fait la même erreur qu’à Jerez : je suis sorti large. J’avais de bonnes sensations, et c’est justement pour ça que la frustration est encore plus grande. En course, j’ai fait l’erreur de rester trop longtemps en piste dans la zone entre deux drapeaux, et j’ai chuté. C’était dur, mais j’ai essayé de me rappeler que j’en étais capable.
Silverstone a clairement été un bon week-end. Je suis d’accord, le circuit est favorable à l’Aprilia, mais c’était la première fois que je l’utilisais là-bas. J’ai été rapide tout le week-end.
En Aragon, j’étais rapide, mais j’ai fait une erreur de classement.
À Assen, lors des qualifications, j’ai réussi un tour parfait, ou disons un bon tour, car je n’ai pas réussi à me qualifier pour la première ligne, mais avec peu d’erreurs. C’est là que je me suis dit : OK, il est temps de me faire connaître, car sinon ce ne sont que des paroles en l’air. »
🎤 Dès lors, les podiums en sprint et en course se sont enchaînés. Le podium est-il devenu le minimum escompté ?
« Pas le minimum, mais c’est devenu un résultat qui doit toujours être un objectif. Dans le sport, il est difficile d’atteindre un objectif, mais il est encore plus difficile de le maintenir, de le confirmer. »
🎤 Avez-vous déjà ressenti le poids du développement de la moto alors que vos coéquipiers rencontraient des problèmes physiques ou d’adaptation ?
« C’était un peu lourd, oui. Mais les gens autour de moi, dans le garage, les ingénieurs, Fabiano, Massimo, m’ont beaucoup aidé. La pression était là, pour eux aussi, et au final, elle est retombée sur moi. Mais ils ont toujours essayé de me rassurer.
De par ma personnalité, je me mets beaucoup de pression car je suis très exigeante envers moi-même. Dès le début, je le voulais vraiment, même lorsque la situation était compliquée. Mais je dirais que la pression venait davantage de moi que d’eux. Ils ont toujours essayé de me soulager. »

🎤 Ce championnat du monde compte 44 courses. Trop ?
« C’est la réalité, mais oui, c’est beaucoup. 44 départs, 44 premiers virages… Ce n’est pas simple. Nous courons sur les plus beaux circuits du monde, et si vous me demandez lequel j’éliminerais, je ne sais pas, car je les aime tous ! C’est éprouvant physiquement et mentalement. Mais une fois rentré chez soi, on a hâte de faire ses valises et de repartir en compétition. »
🎤 À propos de Marc Márquez : il a remporté le titre avec dix courses d’avance. Quel était son secret ?
« Si je ne me trompe pas, il a gagné les deux courses du week-end à dix reprises, peut-être même onze. Et de nombreux sprints. Peu importe notre position, il a toujours terminé dans les trois premiers, voire premier.
Lors des week-ends marqués par des événements imprévus, comme à Assen où il a chuté deux fois le vendredi, il a pris des risques en qualifications pour accomplir ce qu’il fallait et a décroché une double victoire. Il a toujours été présent. »
🎤 Vous vous demandez peut-être ce qui explique sa domination ? Est-il un meilleur pilote ? Est-ce grâce à sa moto ?
« Il faut être rationnel. Il était dans la meilleure équipe, mais ce n’est pas la seule raison de sa victoire. Sa moto était performante, mais ce n’est pas la seule raison non plus. C’est une combinaison de facteurs. Il est incroyablement fort, au sommet de sa forme physique et très motivé. L’an dernier, il a réalisé une excellente saison après avoir changé de moto. Si vous vous sentez bien, que vous travaillez dur et que les choses commencent bien, vous êtes sur la bonne voie. »
🎤 Álex Márquez nous a confié que le niveau actuel de son frère devrait les motiver à travailler plus dur que jamais cet hiver. Êtes-vous d’accord ?
« Bien travailler pendant l’hiver est essentiel. Physiquement et mentalement. L’équipe et Aprilia doivent aussi être au top. L’hiver est fait pour se reposer un peu, mais dès la reprise de la saison, il faut être prêt. Voire même avant. Et on ne peut pas se permettre de faire beaucoup d’erreurs. »
🎤 Sito Pons avait l’habitude de se motiver en affichant une photo de son rival sur sa table de chevet. Feriez-vous la même chose ?
« C’est un système… [Rires] Je ne sais pas si je ferais pareil. Pas à cause de Marc en général. Marc est le champion en titre, donc c’est le principal rival de chacun. Mais je ne considère pas Marc comme mon seul rival. Je me suis battu avec lui sur certaines courses, mais j’ai aussi dû me battre pour des positions plus éloignées. Ma situation est différente. Il faudrait que j’affiche une photo de toute la grille ! Et honnêtement, je ne pense pas que je le ferai. Je peux me motiver sans avoir besoin d’une photo. »
🎤 Qu’allez-vous vous offrir pour cette merveilleuse période des fêtes ? Grâce aux primes, vous pouvez vous faire plaisir…
« Je n’y ai pas encore trop réfléchi. J’ai acheté une nouvelle maison… Je ne suis pas du genre à dépenser sans compter. Je réfléchirai à ce que je pourrais m’offrir, mais je préfère attendre d’avoir enfin les moyens de m’offrir ce que je désire. »
Un final de saison qui donne à penser à 2026
La transformation de Bezzecchi était flagrante lors des deux derniers Grands Prix. À Portimão, après un sprint où il n’a pu rattraper ni Álex Márquez ni Pedro Acosta, malgré un écart constant de moins d’une seconde, il a compris ce qu’il avait vu. Son ancien pilote aurait tenté l’impossible et se serait effondré ; son nouveau pilote a décidé d’apprendre de ses erreurs et d’attaquer le dimanche avec une détermination qui lui a permis de remporter la victoire. À Valence, il a reproduit le même scénario : pole position, sprint compliqué par un pneu mal choisi, et un dimanche sans faute. Il a terminé la saison en tant que pilote de référence, laissant planer une question inévitable : Seront-ils en 2026 le rival capable de véritablement défier le champion en titre ?
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Manuel Pecino

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