Moto GP
Publié le 1 juillet 2025 • 07:00 par André Lecondé

MotoGP, Johann Zarco à Assen : la persévérance comme seul moteur

Dans une course d'Assen marquée par les abandons en série, Johann Zarco a prouvé une fois de plus que sa persévérance reste son arme absolue.

Johann Zarco

Sur le papier, une douzième place n’a rien d’un exploit retentissant. Pourtant, au Grand Prix d’Assen, Johann Zarco a trouvé dans ce résultat un motif d’espoir – et, surtout, un précieux regain moral après des semaines difficiles.

« C’est une certaine satisfaction d’avoir marqué quatre points. Cela met fin à la période de disette en Aragon et au Mugello. » La phrase résume tout. Ces quatre petits points, arrachés au prix d’une course où il a surtout su éviter les pièges, offrent un maigre mais réel soulagement au pilote Honda.

Car Zarco reste lucide : il sait que s’il a un temps pointé huitième après une série de chutes devant lui, il ne possédait pas la vitesse pour y rester. « Nous n’avions pas le rythme nécessaire. Samedi, au Sprint, j’ai pu me battre, mais j’étais à la limite de la moto. Au Grand Prix, il a fallu gérer la course autrement. »

Son plus gros regret ? Ne pas avoir pu accrocher le sillage de Fabio Di Giannantonio lorsque l’opportunité s’est présentée : « quand plusieurs pilotes ont chuté, j’étais derrière Diggia, en huitième position. J’aurais dû le suivre, mais c’était impossible. »

Si Zarco conserve sa lucidité, il ne cache pas sa frustration face à une Honda RC213V toujours aussi imprévisible. Trouver de petites améliorations un jour, pour les perdre dès le lendemain : voilà le quotidien du Français, qui voit se dessiner des parallèles inquiétants avec la saison 2024.

Assen a mis en évidence les problèmes de la Honda RC213V

Johann Zarco : « à chaque fois que nous trouvons quelque chose de positif, nous reculons le lendemain »

« À chaque fois que nous trouvons quelque chose de positif, nous reculons le lendemain. Nous atteignons peut-être une limite. Je ne comprends pas pourquoi nous n’y parvenons pas » dit-il sur Speedweek.

L’histoire se répète, jusque dans les choix stratégiques. Au moment crucial, Honda a parié sur le pneu arrière tendre, là où quasiment tout le peloton optait pour le médium :

« L’analyse de Honda disait que nous avions plus de chances avec le tendre. Mon problème, ce n’était pas d’être le seul à l’utiliser. Mais je n’arrivais pas à piloter la moto comme il faut. Et c’est un souci qu’on avait déjà connu l’an dernier. »

Malgré tout, Zarco refuse de céder à la morosité. Son regard se tourne vers les chiffres, seul terrain un peu plus solide sur lequel s’appuyer :

« C’est difficile d’avoir l’impression d’avoir reculé. Mais si l’on regarde l’écart avec le vainqueur, il n’est pas énorme. L’an dernier, nous étions à 32 secondes du premier. Aujourd’hui, nous étions à 24 secondes. Il ne faut donc pas tout voir d’un mauvais œil. »

C’est mince, mais c’est déjà ça. Dans l’adversité, Johann Zarco fait preuve d’une qualité rare : la persévérance, cette force tranquille qui, un jour peut-être, lui permettra de rebondir pour de bon.

Johann Zarco semblait désillusionné

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