Moto GP
Publié le 28 mars 2026 • 08:00 par André Lecondé

MotoGP – Marc Marquez chute violemment le vendredi à Austin : « c’était un accident inhabituel », selon Sylvain Guintoli

L'accident de Marc Marquez lors de cette première séance d'essais au Texas inquiète les observateurs comme Sylvain Guintoli.

Marc Marquez

Austin n’a pas attendu la course pour basculer dans le spectaculaire. À peine dix minutes après le début des essais libres, Marc Marquez a une nouvelle fois rappelé à quel point la limite est fine en MotoGP… en chutant violemment au virage 10 du Circuit des Amériques. Une sortie de piste brutale, inattendue, presque incompréhensible.

Le pilote Ducati a perdu l’avant en franchissant la crête, avant d’être projeté à très haute vitesse dans le bac à gravier. Une séquence impressionnante, immédiatement suivie d’un drapeau rouge. Pendant quelques instants, le paddock a retenu son souffle.

Puis est venu le premier verdict. Davide Tardozzi s’est voulu rassurant : « Marc va bien, mais il a reçu un gros choc au bras droit et à la main gauche. C’est douloureux, mais il n’y a rien de cassé, donc s’il le souhaite, il peut remonter en selle. »

Un soulagement… mais pas une banalité. Car à ces vitesses, chaque chute peut tout faire basculer.

Très vite, les images sont analysées. Et quelque chose interpelle les observateurs. Sylvain Guintoli, consultant MotoGP, ne cache pas sa surprise :

« Vous pensez qu’il avait des pneus froids ? C’est un accident inhabituel, non ? On ne voit jamais d’accidents comme ça. »

Même constat du côté de Neil Hodgson : « c’était un accident inhabituel. On dirait des pneus froids. Il n’avait même pas sorti le genou. » Autrement dit : une chute sans les signes classiques d’une perte de contrôle progressive. Une rupture brutale d’adhérence.

Marc Marquez

« En arrivant à cette vitesse dans les graviers, Marc Marquez sait qu’il va se faire tabasser« 

Le ralenti est glaçant. On y voit Marquez anticiper le choc, se retourner pour absorber l’impact avant d’entrer dans le gravier. Mais à ces vitesses, la préparation ne suffit pas.

Guintoli résume la violence de la situation : « c’est un gros problème. Quand on arrive sur le gravier à une telle vitesse, même si on est prêt à déraper ou quoi que ce soit, on va se blesser. On va se prendre un sacré coup. »

Et Hodgson enfonce le clou : « tu vas te faire tabasser. En gros, il a percuté le sol à environ 190 km/h. Il a atteint le gravier et il doit rouler à environ 130 km/h. »

Des chiffres qui donnent le vertige. Et pourtant, fidèle à lui-même, Marquez est revenu. Après un passage au centre médical, changement de combinaison, il est reparti pour les dernières minutes de la séance. Et comme si de rien n’était, il a signé le quatrième temps et le meilleur chrono de la Practice qui a suivi. Un mélange unique de résilience… et de prise de risque permanente.

La discussion dérive alors vers un sujet plus profond : le rapport de Marc Marquez à la chute. Neil Hodgson s’interroge : est-il le pilote ayant le plus chuté de l’histoire moderne ?

Guintoli nuance, mais confirme la singularité du phénomène : « ses accidents ont été énormes. Quand il est arrivé, il avait une approche totalement nouvelle de la course, où l’on se donne à fond et on cherche ses limites. »

Et la comparaison est sans appel : « Jorge Lorenzo a réalisé quelques gros coups d’éclat au début de sa première année, mais ensuite il s’est un peu stabilisé. »

Hodgson conclut : « Casey Stoner était pareil… mais il ne chutait pas semaine après semaine. Mais Marc, durant ses premières années, rentrait toujours le train avant à l’entraînement. »

Cette nouvelle chute n’est peut-être qu’un incident isolé. Mais dans un contexte où Ducati doute, où Marquez n’est pas à 100 % physiquement, et où Aprilia impose son rythme, elle prend une autre dimension. Celle d’un signal faible… mais inquiétant.

Marc Marquez joue avec le feu. Sa chute au virage 10 est un avertissement sérieux : le COTA ne pardonne pas les pneus froids ni les approximations aéro. S’il continue de « visiter » le bac à gravier à chaque séance, il n’arrivera pas au départ du Grand Prix dimanche en pleine possession de ses moyens. Sa performance lors des 10 dernières minutes prouve qu’il a la vitesse, mais a-t-il encore la marge de sécurité nécessaire ?

Marc Marquez