Moto GP
Publié le 12 octobre 2025 • 12:30 par André Lecondé

MotoGP : Stefan Bradl raconte comment Honda a terrassé le fantôme de Marc Marquez pour renaître de ses cendres

Après plusieurs années de frustration et d'inconstance technique, la saison 2025 marque un tournant décisif pour Honda en MotoGP.

Honda

Après des années d’errance technique, de communication confuse et de résultats à la dérive post-Marquez, Honda est enfin en train de retrouver le chemin de la compétitivité. La saison 2025 a marqué un tournant silencieux mais radical : la maison aux ailes dorées est passée de la survie… à la reconquête.

C’est Johann Zarco qui a été le premier à envoyer un signal fort. Avec une quatrième place à Doha, un podium à Silverstone et une victoire monumentale au Mans, le Français a prouvé que la RC213V avait de nouveau des crocs.

Son début de saison tonitruant a remis Honda dans le viseur… et la victoire dans l’Hexagone a servi de déclencheur psychologique autant qu’industriel. « Les premiers signes positifs étaient déjà visibles en mai et juin », confirme Stefan Bradl, témoin et acteur du redressement. « La victoire de Zarco au Mans a marqué un cap. »

Dans le box officiel HRC Castrol, Luca Marini et Joan Mir ont aussi fini par sortir de l’ombre. Le premier enchaîne les top 6 depuis le Sachsenring, tandis que le second a brillé avec un podium précieux au Japon.

Un an plus tôt, cela aurait relevé du fantasme. En 2025, cela ressemble à un projet structuré.

Stefan Bradl : « l’accélération a fait un bond, la vitesse de pointe est là. Avant, c’était exaspérant chez Honda »

Dans les coulisses, un homme a encaissé les coups et préparé le terrain du renouveau : Stefan Bradl. Pilote d’essai, mémoire vivante du HRC depuis 2011, il a vécu toutes les déroutes, du chaos post-Marquez aux expérimentations malheureuses (bras oscillants hybrides, châssis Kalex…).

Mais aujourd’hui, il se dit optimiste, notamment depuis l’arrivée du nouveau moteur en septembre : « l’accélération a fait un bond, la vitesse de pointe est là. Avant, c’était exaspérant. » Et surtout, le carénage brûlant – cauchemar thermique des pilotes – est enfin résolu.

Mais il y a aussi et peut-être aussi surtout ça : exit l’ère du pilote unique autour duquel tout tournait. Fini le dogme “tout pour Marquez”.

En 2025, le HRC a changé de logiciel. On écoute Zarco, Marini, Mir. Les retours sont croisés, les validations collectives. Bradl le résume : « il n’y a plus de numéro un. Et c’est une très bonne chose. »

Mais ce revirement, on le doit surtout à Romano Albesiano, ancien cerveau technique d’Aprilia, aujourd’hui responsable du projet RC213V. Son arrivée a structuré l’aéro, rationalisé les essais, et intégré Aleix Espargaró comme nouvel atout du programme test. Une révolution discrète, mais efficace.

Bradl ne le cache pas sur motosan : « si on accroche encore un podium en 2025, ce sera un énorme signal. Et en 2026, on pourra regarder Aprilia dans les yeux. En 2027 ? Se battre pour le titre. » Cela semble fou ? Peut-être. Mais on aurait dit la même chose de Ducati il y a dix ans.

Honda n’a pas juste réparé une moto. Il a reconstruit une équipe, une méthode, un cap. Et même si les résultats ne sont pas encore flamboyants, la courbe est clairement ascendante. La RC213V n’est plus une punition. C’est à nouveau une promesse.